LE LUTHIER

LE LUTHIER

Sur le point de fermer la caisse, je sais quelle sonorité en sortira. Je perçois comment la table d’harmonie résonnera sous l’action des cordes une fois la vibration transmise par le chevalet.

La couleur du son varie selon l’essence du bois choisie par le luthier. De préférence des bois locaux (noyer, érable, cerisier, poirier) pour le fond et les éclisses ; ces plaques de bois minces dont les parois de la guitare sont faites. De l’épicéa ou du cèdre pour la table d’harmonie. De l’acajou, du cedro ou du noyer pour le manche.

Le son dépend ensuite de la forme de la guitare et du barrage collé sous la table d’harmonie qui facilite la propagation des ondes sonores…

L’épaisseur du bois joue un rôle important. Au moment de poser les cordes, il y a toujours un peu d’appréhension. La guitare se met en tension. Le moment est délicat. L’objet prend vie. Il y a alors les derniers réglages en présence du musicien.

Au fil du temps, le son de la guitare évoluera, chaque instrument gardant toujours sa part de mystère.

Pour faire ce métier, il faut de la patience et de la minutie, aimer le bois et la musique aussi. Et puis, ne pas hésiter à essayer de nouvelles techniques pour sans cesse perfectionner son art.

Passionné par le bois et la musique dès le plus jeune âge, Sylvain Zbinden entreprend à 16 ans une formation en ébénisterie à l’École des arts et métier de Genève. Il suit ensuite une formation de deux ans chez le luthier violon italien, Raphael Ramacciotti, diplômé de l’Ecole internationale de lutherie de Crémone.
En parallèle, il effectue un stage de marqueterie aux Arts et Métiers et accroît ses compétences techniques dans le domaine du son en suivant les cours du SAE Institute à Genève.

En 2008, Sylvain Zbinden est admis dans l’atelier de Claude Fouquet, luthier guitare reconnu, pour une formation de neuf mois. Au terme de cette expérience déterminante, il crée son propre atelier de lutherie dans le Pays de Gex (01).

Aujourd’hui, Sylvain Zbinden perpétue la tradition en poursuivant l’œuvre de son maître, Claude Fouquet, aujourd’hui disparu, tout en cherchant sa propre voie de maître luthier.